L’aviation, moteur de la croissance canadienne

Les objectifs économiques les plus ambitieux du Canada – diversifier le commerce, renforcer les alliances mondiales et générer une croissance qui rejoint toutes les régions – dépendent tous d’une même chose. Ils voyagent par avion. Nos aéroports relient le fret, les entreprises, les investisseurs et les communautés en une seule économie canadienne, et au monde entier.

Les aéroports du Canada investissent déjà aujourd’hui dans la croissance de demain et les technologies de prochaine génération. Avec le gouvernement, nous traçons une voie qui allège la paperasse pour les voyageurs, les aéroports et les transporteurs, qui maintient l’accessibilité du transport aérien et qui réinvestit dans un réseau robuste qui rend le Canada plus fort.

Doubler les exportations canadiennes

Le gouvernement a fixé un cap clair et ambitieux : doubler les exportations hors États-Unis, ouvrir des centaines de milliards d’investissements dans de nouveaux marchés outre-mer, bâtir une économie unifiée, renforcer les alliances et la souveraineté du Canada, et accroître les possibilités dans chaque province et territoire. Chacun de ces objectifs repose sur la même chose : la capacité d’acheminer des biens à forte valeur et les personnes qui les amènent sur le marché — rapidement, de façon fiable et loin. C’est ce que fait l’aviation.

C’est aussi plus unifié qu’on ne le croit : près de la moitié des exportations canadiennes à plus forte valeur voyagent dans la soute d’un avion de passagers. Le transport de passagers et le fret ne sont pas deux réalités distinctes. Ils forment un seul réseau, qui génère près de 50 milliards de dollars de PIB, soutient 435 000 emplois et relie quelque 5 000 communautés entre elles et au reste du monde. Parallèlement, la stratégie canadienne en matière de commerce et de transport s’est, on le comprend, concentrée sur les marchandises en vrac acheminées par rail, par ports et par routes, là où le tonnage raconte l’histoire. La valeur de l’aviation se mesure autrement : par la vitesse, par le caractère critique de ce qu’elle transporte et par sa portée vers chaque région — et l’intégrer plus pleinement à la vision nationale est une occasion claire de renforcer l’ensemble du système.

Les aéroports sont gérés comme des entreprises privées, avec des objectifs de croissance, pour gagner en efficience et innover. En réalité, les aéroports canadiens sont des contributeurs nets pour les contribuables canadiens, et non une dépense — avec 8,4 milliards de dollars versés en loyer au Trésor fédéral depuis la dévolution, qui a fait passer leur gestion de l’appareil gouvernemental à une gouvernance locale indépendante dans les années 1990. Et, pour assurer la viabilité et l’accessibilité à long terme, chaque aéroport est doté d’un mandat sans but lucratif d’intérêt public qui l’oblige à répondre aux besoins locaux et à réinvestir la totalité de ses recettes dans l’infrastructure aéroportuaire — plus de 30 milliards de dollars au cours de la même période. Ils sont prêts à répondre à une demande appelée à doubler et à mobiliser les 28 milliards de dollars d’investissement en infrastructure qu’exigera la prochaine décennie.

Il y a une occasion formidable à saisir : que le gouvernement reconnaisse les aéroports comme une infrastructure stratégique, économique et de résilience — et qu’il travaille avec le secteur comme moteur de croissance. Un ensemble d’actions de modernisation claires et réalisables est prêt à être déployé et libérerait cette capacité immédiatement. Intégrer pleinement l’aviation à la stratégie canadienne de résilience économique, de commerce et de croissance est l’un des gestes au meilleur rendement et au moindre coût qui soient — un partenariat qui profite aux voyageurs, aux expéditeurs, aux communautés et au pays.

Le pouls de la fraîcheur

La vitesse et la qualité, c’est le modèle d’affaires

Pour les exportations périssables haut de gamme du Canada, la vitesse n’est pas un simple avantage concurrentiel — c’est tout le modèle d’affaires. Les fruits de mer de l’Atlantique et les fruits de saison de la Colombie-Britannique n’obtiennent les meilleurs prix sur la scène mondiale que parce qu’ils peuvent atteindre un acheteur international en moins de 48 heures, bien frais. Cela repose sur une chaîne logistique impeccable et sensible au facteur temps, dont l’aérien est l’épine dorsale.

La demande en fait déjà la preuve : le tonnage de fret aérien transitant par les aéroports canadiens a augmenté de plus de 44 % entre 2016 et 2023. Et comme une grande partie du fret à forte valeur voyage dans la soute des avions de passagers, les aéroports régionaux qui alimentent le réseau national sont aussi essentiels à ce commerce que les grandes plaques tournantes.

Alors que le Canada se fixe des cibles ambitieuses et urgentes pour conquérir de nouveaux marchés mondiaux, faire croître les économies locales et catalyser des investissements à forte valeur et de bons emplois dans toutes les régions, nos aéroports, partout au pays, sont plus importants que jamais.

Le pouls de l’innovation

Quand la vitesse est une question de survie

Certains envois ne peuvent pas attendre. Les produits biologiques, les thérapies essentielles, les dispositifs médicaux complexes et les isotopes médicaux sont une course contre la montre, et l’aérien est le seul mode assez rapide pour les transporter. Chaque année, plus de 23,4 milliards de dollars de produits médicaux essentiels transitent par les aéroports canadiens. Les proportions sont éloquentes : l’aérien ne traite qu’environ 15 % du fret canadien en poids, mais ces 15 % représentent plus de la moitié de sa valeur. Les corridors aériens à grande vitesse maintiennent en mouvement le secteur des sciences de la vie et les systèmes de santé de première ligne du Canada.

Les entreprises canadiennes dépendent aussi des arrivages critiques et sensibles au facteur temps. Lorsqu’un fabricant a besoin d’urgence d’une pièce de rechange d’un équipementier étranger pour garder sa chaîne en marche, elle arrive par avion le plus rapidement et le plus directement possible — ce qui ramène les travailleurs au travail et remet les produits en route vers le marché. Notre croissance économique et nos exportations dépendent de ces chaînes d’approvisionnement à flux tendu, et le Canada ne peut se permettre des interruptions ou des retards qui nuisent aux moteurs économiques locaux.

Enfin, le transport aérien relie des communautés d’innovateurs et de professionnels, en permettant aux talents et à l’expertise de circuler librement pour élargir les possibilités, créer des liens, collaborer et ouvrir de nouveaux marchés. Le Canada excelle quand ses entreprises et ses talents d’ici se rassemblent et percent de nouveaux marchés, et les économies locales prospèrent quand des entreprises et des groupes du monde entier choisissent le Canada comme destination de prédilection pour se réunir, échanger et se brancher sur le reste du monde.

Le pouls du Nord

L’exportation qui arrive ici par avion

Le tourisme est la première exportation de services du Canada, et il fonctionne autrement que toutes les autres : c’est le client qui vient ici. En 2025, plus de 11 millions de visiteurs internationaux sont arrivés par avion et ont injecté plus de 23 milliards de dollars de capitaux étrangers directement dans une vaste gamme de communautés locales — alimentant l’hébergement, la restauration et les expériences dès l’atterrissage de l’avion. C’est un rendement sans tarif sur des expériences canadiennes de calibre mondial. Et cela peut prendre de l’ampleur : le voyage et le tourisme représentent déjà quelque 30 % de toutes les exportations de services du Canada, et le secteur est en position de réaliser jusqu’à 10 % de l’ambition d’exportations hors États-Unis du Canada d’ici 2030. Du point de vue de la balance des paiements, les gens d’affaires, les investisseurs et les visiteurs qui arrivent par avion constituent une histoire d’exportation au même titre que les marchandises qui repartent dans la soute en sens inverse.

Il y a une réelle occasion de faire encore mieux. Alors que nos pairs en Europe et aux États-Unis ont pris de l’avance dans la numérisation du parcours du voyageur, le Canada est bien placé pour rattraper rapidement son retard et prendre les devants — en modernisant les technologies et les processus qui acheminent les gens dans nos aéroports. Un réseau plus connecté, plus efficient et plus abordable, offrant une expérience voyageur radicalement améliorée, est un scénario gagnant-gagnant-gagnant que le gouvernement et le secteur peuvent réaliser ensemble. Et comme une meilleure expérience de voyage incite davantage de touristes, de voyageurs d’agrément et de gens d’affaires à choisir le Canada, saisir cette nouvelle ère de numérisation dans nos aéroports permet à toutes les parties d’en bénéficier et d’économiser de précieux fonds.

Le pouls du tourisme

La vitesse et la qualité, c’est le modèle d’affaires

La véritable prospérité économique ne laisse aucune communauté de côté. Pour des milliers de communautés rurales, éloignées et nordiques, l’aéroport n’est pas un maillon de la chaîne d’approvisionnement — il est la chaîne d’approvisionnement, et le lien direct vers le commerce mondial, l’accès aux soins et les interventions d’urgence.

L’aviation transforme des industries hyperlocales en acteurs internationaux et fournit aux gens et aux entreprises d’ici les approvisionnements et les biens dont ils ont besoin pour franchir un palier et générer une croissance locale. Mais ce maillon du réseau est sous pression : la fréquence des vols dans les petits aéroports régionaux demeure inférieure de 34 % aux niveaux d’avant la pandémie. Le Fonds pour les infrastructures de l’Arctique, doté de 1 milliard de dollars, reconnaît à juste titre que les aéroports nordiques sont des actifs à double usage, qui répondent à la fois aux besoins des communautés et à ceux de la défense nationale. Ce principe devrait s’étendre à l’ensemble du réseau. La connectivité régionale est une infrastructure nationale, pas une commodité locale — et les faibles populations et les seules forces du marché ne peuvent financer ce rôle national.

L’ensemble du réseau aéroportuaire canadien a besoin d’un nouveau programme dédié de croissance et de résilience pour les petits et moyens aéroports qui passent aujourd’hui entre les mailles des programmes économiques et d’infrastructure existants, ainsi que d’un programme de sûreté et de sécurité recapitalisé pour les très petits aéroports — le tout appuyé par la reconnaissance des aéroports régionaux et nordiques comme actifs stratégiques nationaux.

Le pouls de la croissance

Le plan est déjà dans le ciel

L’ambition de croissance du Canada est énorme : doubler les exportations hors États-Unis d’ici 2035 et capter les 100 prochains milliards de dollars de diversification commerciale. Le chemin le plus rapide vers cet objectif est un réseau qui existe déjà. Quand la capacité aérienne croît, les entreprises canadiennes y gagnent — et la demande refoulée est visible dès maintenant. En 2025, neuf pour cent des sièges au départ de Toronto Pearson provenaient de nouveaux transporteurs faisant leur entrée sur le marché, un signal clair de routes et de marchés qui ne demandent qu’à être activés. Le transport aérien devrait croître de 100 % d’ici 2045, et les aéroports rendront cette croissance possible.

Aligner les capacités du transport aérien de passagers et du fret aérien du Canada — et moderniser les ententes et les infrastructures qui les sous-tendent — est une voie directe vers les marchés que le pays cherche à ouvrir. La question n’est pas de savoir si le réseau peut porter l’ambition. C’est de savoir avec quelle ampleur nous choisirons de l’utiliser, ensemble.